Réservoirs d'espoir
- La noctambule

- 30 avr.
- 3 min de lecture

J’ai déjà évoqué mes frais de chauffage auprès de quelques-uns de mes lecteurs. Voici mon récent bilan.
Cette année, il m’en aura coûté au total 7 092 $, soit :
555 $ par mois pendant huit mois (de septembre 2025 à avril 2026)= 4 440 $.
De plus, un excédent de 2 652 $ entraîne une révision budgétaire. Ce montant sera rabattu sur les versements de mai à août 2026, qui atteindront 663,02 $ par mois.
On a bien compris que le remplissage des réservoirs a été de plus en plus onéreux en raison de la situation géopolitique, et pas uniquement à cause des grands froids que nous avons connus. Ainsi, le litre de mazout se détaille comme suit depuis le début de l’année, tel que je le lis sur mes factures :
Janvier : 1,68 $
Février : 1,78 $
Mars : 1,96 $
Avril : 2,14 $
J’habite cet appartement depuis 18 ans. Le chauffer m’a toujours coûté les yeux de la tête, ce n’est pas nouveau. Pour améliorer l’isolation de son duplex bien entretenu, le propriétaire a fait refaire le mortier entre les briques il y a deux ans ainsi que la toiture l’automne dernier. Mais ne vous inquiétez pas, il a de plus contacté le responsable de la compagnie de distribution de mazout, qui installe aussi des systèmes électriques. C’est lancé, il a pris rendez-vous pour un devis samedi qui vient.
Ce n’est donc ni pour me plaindre ni pour faire de la statistique budgétaire que j’écris cela, mais bien pour montrer comment les élucubrations d’un malade porté et maintenu au pouvoir par un électorat d’illuminés ont des conséquences sur tous les aspects de nos vies, et en auront davantage encore, du chauffage aux produits importés. Je ne parle là que de l’impact de l’augmentation du prix du baril de pétrole. Et je ne tiens pas compte des coûts entraînés par les dommages environnementaux. Le monde est en train de changer profondément, je ne vous apprends rien, et nous ne reviendrons pas en arrière. C’est pourquoi je pense avec inquiétude à nos enfants, à ceux qui nous suivent et qui auront à prendre en main ce gâchis.
À cet effet, je me demande souvent d’où les personnes en âge de procréer tirent leur confiance pour continuer à mettre des enfants sur cette planète. Cette idée me déchire entre le doute et l’espoir et, pourtant, les enfants ne m’inspirent aucune pensée sombre.
Les gens de la génération de mes parents, qui avaient connu la Seconde Guerre mondiale, ont eu le réflexe, après ce massacre, de se reproduire en quantité. Ils étaient certes encouragés par des politiques natalistes contestables, mais, pour eux, chaque enfant qui nait pouvait devenir l’inventeur de quelque chose de formidable, de grand, de salvateur, en ingénierie, en médecine… Un messie moderne, d’un genre nouveau, on ne sait jamais ! Il est vrai qu’ils réagissaient dans un « après » qui n’est pas encore le nôtre et qu’ils avaient plus de raisons pour espérer.
J’ignore s’il faudra aux plus jeunes davantage de courage, d’imagination et de convictions qu’il en a fallu à ceux qui sont nés au début du XXe siècle. Je n’ai ni facture, ni devis, ni preuve chiffrée pour asseoir mes idées. Mais pour attacher les fils de cette réflexion un peu échevelée, je vais citer Confucius, qui disait : "Tâchons de troquer nos vieux réservoirs au mazout contre la perspective de meilleurs systèmes."
C’était mon éditorial du jeudi, 30 avril 2026. :)
Isabelle Larrivée



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